Après avoir célébré ses 30 ans en 2025, le resort de Salou change de braquet pour sa saison 2026. Entre une extension massive du parc aquatique, une nouvelle expérience d’exploration en zone Polynesia et une rénovation sans précédent de son icône historique, PortAventura World redessine son avenir.

Nouveautés 2026 : L’année de la piraterie et de la jungle interactive
Pour les observateurs de Parcs Mag, le message envoyé par la direction est clair : l’investissement ne se porte plus uniquement sur la course à la hauteur, mais sur la densité de l’expérience et la thématisation. L’été 2026 sera marqué par l’inauguration de deux zones majeures destinées à renforcer l’attractivité du resort sur le segment familial.
Coral Bay, La Légende Perdue : l’extension record du Caribe Aquatic Park
Le Caribe Aquatic Park s’apprête à vivre sa plus importante mutation avec l’ajout de 6 000 m² dédiés à un tout nouvel univers : Coral Bay, La Légende Perdue. Le scénario imaginé par les créatifs du parc nous plonge dans une baie pirate légendaire qui, après avoir été submergée pendant des siècles, resurgit à la surface.
La pièce maîtresse de cette zone est un Water Coaster familial, présenté comme une installation unique en Europe. Bien que les détails techniques précis soient encore sous embargo, le resort promet un parcours innovant mêlant propulsion, virages serrés et effets aquatiques. Pour compléter cette offre, une piscine d’aventure intégrera un parcours d’obstacles aquatique inédit au monde, mettant l’accent sur l’agilité des visiteurs. De nouveaux toboggans et un point de restauration thématique viendront parfaire cette extension, positionnant le parc aquatique de Salou parmi les leaders européens du secteur.

Makamanu Jungle : redynamiser la zone Polynesia
Au sein du parc thématique principal, la zone Polynesia s’enrichit de Makamanu Jungle, The Adventure Trek. Ce projet marque une rupture avec les attractions mécaniques traditionnelles. Il s’agit d’un parcours d’aventure en plein air conçu pour favoriser l’exploration active.
Le nom Makamanu, tiré de la mythologie polynésienne, signifie « le regard de l’oiseau ». Cette thématique se traduit par un tracé surélevé dans la canopée, où les aventuriers devront traverser des passerelles secrètes, des ponts suspendus et relever des défis physiques intégrés à la nature luxuriante. Ce choix stratégique répond à une critique récurrente des visiteurs : le manque d’interactivité dans la zone Polynesia, magnifique visuellement mais manquant de « points de vie » pour les plus jeunes.
Dragon Khan : une cure de jouvence à 3 millions d’euros
L’actualité de 2026, c’est aussi le chantier colossal de Dragon Khan. Pour son 31ème anniversaire, cette montagne russe mythique de Bolliger & Mabillard subit son premier retracking d’envergure. Les opérations de maintenance, débutées dès le 7 janvier 2026, visent à remplacer deux de ses huit inversions : le premier looping vertical et la cobra roll.
Ce travail chirurgical, mené en collaboration avec le constructeur suisse, implique la dépose de sections de rails pesant plus de 12 tonnes. Si le tracé reste identique, l’objectif est d’éliminer les vibrations accumulées après trois décennies de service intensif et de garantir la survie de la machine pour les trente prochaines années. Le coût de l’opération est estimé à 3 millions d’euros, mobilisant une cinquantaine d’experts pour une réouverture prévue le 27 février 2026.

Genèse d’un géant : de « Tibi Gardens » au resort mondial
Pour comprendre la puissance de PortAventura en 2026, il faut revenir sur une histoire mouvementée, faite de rachats et d’ambitions contrariées. Le projet initial, imaginé à la fin des années 80 sous le nom de Tibi Gardens, était une collaboration entre Anheuser-Busch et les propriétaires du parc Tibidabo à Barcelone.
Après plusieurs désaccords financiers, c’est finalement le Tussauds Group qui inaugure le parc le 1er mai 1995. À l’ouverture, l’actionnariat se répartit entre Tussauds (40,01 %), La Caixa (33,19 %), Anheuser-Busch (19,9 %) et FECSA (6,7 %). Le succès est immédiat avec plus de deux millions de visiteurs dès la première saison.
L’empreinte indélébile d’Universal (1998-2004)
Le virage vers le concept de « resort » est insufflé par Universal Parks & Resorts, qui rachète les parts de Tussauds en 1998. Sous le nom de Universal Mediterranea, le complexe se dote de ses premiers hôtels (Hotel PortAventura et Hotel El Paso) et de son parc aquatique en 2002. Universal apporte une expertise précieuse en matière de storytelling et de gestion des flux, marquant durablement l’identité visuelle du parc.
En 2004, suite à des réorganisations internes, Universal cède ses parts à La Caixa. Le resort perd son « espace » dans le nom pour devenir PortAventura et entame une période d’indépendance jalonnée d’investissements majeurs comme Furius Baco en 2007. Depuis 2013, le complexe est détenu par un binôme de fonds d’investissement : Investindustrial (50,1 %) et KKR (49,9 %).
Exploration des six mondes : le cœur du complexe
PortAventura Park s’articule autour de six zones thématiques dont la qualité de finition reste une référence européenne.
Mediterrània et l’adrénaline pure
Dès l’entrée, le ton est donné par Furius Baco. Cette montagne russe à propulsion hydraulique propulse les trains de 0 à 135 km/h en seulement 3,5 secondes. Sa configuration en « Wing Rider » (les sièges sont sur les côtés du rail) offre une sensation de vol ras-motte au-dessus du lac, particulièrement intense lors de l’unique inversion du parcours.
Polynesia et le renouveau immersif
Réputée pour sa végétation dense importée directement des îles du Pacifique, cette zone abrite le classique Tutuki Splash, un « Shoot the Chute » qui simule l’éruption d’un volcan. C’est ici que l’arrivée de Makamanu Jungle en 2026 prendra tout son sens, offrant une alternative interactive aux spectacles de danses traditionnelles comme Aloha Tahití.
México : culture Maya et chute libre
Le quartier mexicain est dominé par les 100 mètres de la tour de chute Hurakan Condor. Inaugurée en 2005, elle reste l’une des rares au monde à proposer des sièges s’inclinant vers l’avant au sommet avant le décrochage. C’est aussi ici que se trouve le train de la mine El Diablo, qui bénéficie depuis peu du concept PortAventura Neo avec l’intégration de la réalité mixte.
China : le sanctuaire des records
C’est le quartier des amateurs de « steel coasters ». Aux côtés du vénérable Dragon Khan et de ses 8 inversions, s’élève Shambhala. Cet Hypercoaster de chez B&M a longtemps détenu les records européens avec une hauteur de 76 mètres et une chute de 78 mètres plongeant dans un tunnel. Sa vitesse de pointe atteint 134 km/h.
Far West : le bastion de Sullivan City
La plus grande zone du parc recrée une ville minière américaine. Elle accueille Stampida, un duel de montagnes russes en bois unique, et la nouveauté Uncharted: The Enigma of Penitence ouverte en 2023. Ce dark ride multidimensionnel, fruit d’un partenariat avec Sony Pictures, utilise des technologies de pointe pour simuler une chasse au trésor mouvementée.
SésamoAventura : l’îlot familial
Inaugurée en 2011, cette zone colorée est dédiée aux personnages de Sesame Street. Son attraction phare, Street Mission, est le seul dark ride interactif européen basé sur cette licence, proposant aux familles de résoudre un mystère aux côtés de Grover.

Ferrari Land et l’écosystème du resort
Ouvert en 2017, le deuxième parc du resort, Ferrari Land, occupe 6 hectares et célèbre le génie mécanique italien. Sa star incontestée est Red Force, un Giga Coaster lancé qui culmine à 112 mètres. L’accélération est brutale : 180 km/h en 5 secondes, provoquant une force de 1,3 g. Le parc propose également des simulateurs comme Flying Dreams et les Thrill Towers, deux tours de chute de 55 mètres.
Une infrastructure hôtelière de premier plan
Le resort gère plus de 3 300 chambres à travers des établissements comme le Hotel Mansión de Lucy (5), joyau victorien du Far West, ou le Hotel Gold River (4) qui propose une immersion totale dans Sullivan City. La stratégie s’est récemment étendue avec la marque Ponient Hotels, regroupant des hôtels à Salou gérés par le groupe pour capter la clientèle balnéaire.
Un engagement durable : le modèle B Corp
PortAventura World s’est distingué en devenant le premier resort au monde à obtenir la certification B Corp en 2022. Cet engagement se traduit par des actes concrets comme l’inauguration de PortAventura Solar, une centrale photovoltaïque couvrant un tiers des besoins électriques du complexe. Le resort vise la neutralité carbone et une politique « zéro déchet » exemplaire.
Rumeurs et perspectives : quel avenir après 2026?
L’avenir du resort fait l’objet de spéculations intenses dans le milieu des affaires. Selon plusieurs sources économiques sérieuses, les propriétaires actuels, KKR et Investindustrial, chercheraient à céder le complexe pour un montant estimé à 1 milliard d’euros.
Le spectre d’un retour d’Universal
La rumeur la plus persistante concerne un potentiel rachat par Universal Destinations & Experiences. Un tel retour permettrait l’arrivée de licences mondiales comme Harry Potter, Nintendo ou Jurassic Park, propulsant PortAventura dans une nouvelle dimension concurrentielle face à Disneyland Paris. Toutefois, début 2026, les signaux sont contradictoires. Si des dépôts de marques comme Halloween Horror Nights ont été observés en Espagne, les négociations auraient piétiné à cause d’un désaccord sur le prix de vente et d’un contexte économique incertain.
Le projet Hard Rock en pointillé
Le développement du resort est aussi intimement lié au projet Hard Rock Entertainment World prévu sur les terrains adjacents. Ce complexe de casinos et d’hôtels géants rencontre une forte opposition politique en Catalogne, ce qui freine l’enthousiasme des investisseurs internationaux pour la destination globale « Salou-Vila-seca ».

